Quelques instants avant d’avoir prétendument pris pour cible des membres de l’administration Trump lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche samedi, le tireur présumé a écrit à des membres de sa famille, suggérant que sa violence constituait un acte de foi visant à défendre les opprimés.
Les autorités ont relié ces écrits à Cole Tomas Allen, 31 ans, un Californien très instruit, enseignant à temps partiel et développeur amateur de jeux vidéo. Le document, qu’il a envoyé quelques minutes seulement avant de pénétrer dans une salle de bal du Washington Hilton avec plusieurs armes à feu et des couteaux, ressemblait par moments à une lettre d’adieu.
Dans ce document, Allen se désigne comme le « Friendly Federal Assassin » (« assassin fédéral amical ») et inclut une liste de cibles au sein de l’administration Trump, sans nommer explicitement le président Donald Trump. Il y énumère une série de griefs contre l’administration. Parmi ceux-ci, il mentionne et répond à des objections hypothétiques pouvant venir de chrétiens.
Alors que certains médias ont rapporté que le manifeste contenait un contenu « anti-chrétien », Allen semblait s’identifier à cette foi.
« Objection 1 », écrit-il, « en tant que chrétien, tu dois tendre l’autre joue ».
« Tendre l’autre joue, c’est lorsque vous êtes vous-même opprimé », écrit-il. « Tendre l’autre joue lorsque quelqu’un d’autre est opprimé n’est pas un comportement chrétien ; c’est une complicité dans les crimes de l’oppresseur. »
Une autre objection semble faire référence à Matthieu 22:21 : « Rendez à César ce qui est à César », écrit Cole. Mais si les représentants politiques ne « respectent pas la loi », écrit-il, « personne n’est tenu de leur céder quoi que ce soit ordonné de manière aussi illégale ».
Le père d’Allen, Thomas Allen, était mentionné comme ancien (elder) à la Grace United Reformed Church à Torrance, une congrégation évangélique qui se décrit comme prêchant « un évangile centré sur le Christ». La page de direction de l’église et ses comptes sur les réseaux sociaux ont depuis été supprimés, et l’église n’a pas répondu à une demande de commentaire.
L’église se trouve à moins d’un kilomètre de la maison où Allen vivait avec ses parents. Dimanche, des agents de sécurité ont escorté les fidèles à l’intérieur pour l’office, tout en interdisant l’accès aux journalistes.
On ne sait pas clairement si Allen fréquentait l’église au moment de l’attaque, mais dans ses écrits, il remerciait sa « famille, à la fois personnelle et religieuse, pour votre amour au cours de ces 31 années ».
Sur son profil LinkedIn , Allen a mentionné son appartenance à la Caltech Christian Fellowship durant ses études au California Institute of Technology, une université prestigieuse de Pasadena où il a obtenu son diplôme en 2017. Selon le Wall Street Journal , il coordonnait un groupe qui se réunissait pour étudier la Bible, prier, partager un repas et fraterniser.
Les membres de l’école se souviennent d’Allen comme d’un homme discret et profondément croyant. « Il était sans aucun doute un fervent chrétien évangélique à l’époque où je l’ai connu », a déclaré Elizabeth Terlinden au New York Times .
Caltech Christian Fellowship n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
La semaine dernière, Cole a voyagé en train de la Californie à Washington, D.C., s’enregistrant comme client à l’hôtel Washington Hilton avec des armes comprenant un fusil à pompe, une arme de poing et des couteaux. Selon son document, il a menti à sa famille sur sa destination, affirmant qu’il avait un entretien d’embauche.
Samedi vers 20h30, peu après le début du gala de la presse de la Maison-Blanche, la sécurité a précipitamment fait sortir Trump de la scène après que des coups de feu ont été entendus à l’extérieur de la salle de bal internationale de l’hôtel. Lui, ainsi que la Première dame Melania Trump et des membres du cabinet, étaient présents pour ce gala annuel, où des journalistes se mêlaient à des responsables de l’administration. Allen, qui semble avoir agi seul, s’était précipité vers un point de contrôle du Secret Service au rez-de-chaussée de l’hôtel avant d’être arrêté.
L’incident n’a fait aucun mort. Un agent des forces de l’ordre a été blessé ; un agent du Secret Service, touché à la poitrine, portait un gilet pare-balles. Il est depuis sorti de l’hôpital.
C’était la première fois que Trump assistait à cet événement annuel de presse en tant que président.
« Il n’a même jamais été près de franchir les portes », a déclaré Trump à Fox News Sunday. « Les forces de l’ordre ont été formidables… et je serais le premier à me plaindre si ce n’était pas le cas. »
Malgré les déclarations d’affection de Cole pour sa famille d’église, Trump a décrit le suspect comme quelqu’un animé par une haine envers les chrétiens.
« C’est un individu malade quand on lit son manifeste », a déclaré Trump. « Il déteste les chrétiens, c’est certain. Il déteste les chrétiens. … C’était quelqu’un de très perturbé. »
Il s’agit de la dernière tentative d’assassinat très médiatisée visant Trump ces dernières années. La plus grave s’est produite lors d’un meeting de campagne à Butler, en Pennsylvanie, le 13 juillet 2024, pendant la campagne présidentielle. Un participant au meeting et l’assaillant présumé ont été tués. Trump a été blessé à l’oreille droite. Une autre tentative a eu lieu le 15 septembre 2024, lorsque la sécurité a interpellé un homme muni d’un fusil dans des buissons au Trump International Golf Club de West Palm Beach, en Floride, alors que Trump jouait au golf.
C’est également la deuxième fois qu’une tentative d’assassinat présidentiel se produit sur le site du Washington Hilton. Le 30 mars 1981, John Hinckley Jr. a tiré six coups de feu, blessant le président de l’époque, Ronald Reagan, ainsi que plusieurs autres personnes. Reagan a subi une opération d’urgence pour un poumon perforé et une côte cassée, mais s’est rétabli. Hinckley a été déclaré non coupable de tentative d’assassinat du président pour cause d’aliénation mentale.
Dans des déclarations faites à la Maison-Blanche après l’événement de samedi, Trump a appelé les Américains à « s’engager à nouveau de tout cœur à résoudre nos différends pacifiquement ».
Le ministère de la Justice a inculpé Allen lundi pour tentative d’assassinat du président ainsi que pour deux infractions liées aux armes à feu. Il n’a pas plaidé coupable.
Traduit par Mélanie Boukorras pour Infochrétienne