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Des nationalistes hindous agressent des missionnaires dans le nord de l’Inde

L’une des victimes décrit la manière dont la foule a pris d’assaut leur bus, un événement rare dans la région à majorité musulmane du Jammu-et-Cachemire.

A screenshot from video footage of the bus attack.

Une capture d'écran tirée d'une vidéo de l'attaque du bus.

Christianity Today December 12, 2025
Capture d'écran YouTube

Un missionnaire de 34 ans, accompagné de treize partenaires de prière et de missionnaires de courte durée, priait avec une famille chrétienne dans un village de l’État contesté du Jammu-et-Cachemire, le 23 octobre. C’est à ce moment-là que huit policiers sont intervenus pour interrompre la réunion.

Les agents ont informé le groupe, originaire du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, que des habitants du village de Palal s’étaient plaints de leur rassemblement et se préparaient à les attaquer. Les policiers leur ont ordonné de partir immédiatement et leur ont proposé une escorte pour quitter le village en sécurité. D’abord effrayé, le missionnaire a été soulagé que la police accepte de les aider. Il a demandé à Christianity Today de ne pas divulguer son nom ni celui de son organisation, car il pourrait être arrêté pour son travail.

Le groupe suivait le véhicule de police dans leur minibus blanc. Mais à peine 500 mètres plus loin, une quarantaine de jeunes hommes armés de barres de fer et de bâtons ont bloqué la route de terre à voie unique. Ils ont forcé les portes du minibus, frappé et roué de coups les passagers, brisé le pare-brise et les vitres, tout en proférant des insultes.

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La foule de nationalistes hindous a accusé le groupe de convertir de force des villageois hindous au christianisme.

Sur les huit policiers qui les précédaient en voiture, un seul a tenté de les aider, se souvient le missionnaire, tandis que les autres sont restés à regarder. À ce moment-là, il s’est demandé si la police n’avait pas comploté avec la foule pour permettre l’agression.

L’agression a fait au moins quatre blessés parmi les membres de l’équipe missionnaire, dont une femme. Après l’attaque, la responsable de la police locale, Mohita Sharma, est arrivée sur les lieux et a aidé les victimes à regagner leur logement en toute sécurité. Elle a conseillé à la famille locale qui hébergeait les missionnaires de porter plainte contre les agresseurs.

Le lendemain, la police a suspendu les huit agents pour négligence. Les autorités ont également arrêté les deux principaux agresseurs, Ravindra Singh Thela et Rohit Sharma, mais les ont rapidement libérés sous caution.

Thela, dirigeant du parti d’extrême droite Bharatiya Janata Party (BJP), est connu pour son implication dans des actions violentes collectives visant à protéger les vaches, considérées comme sacrées dans l’hindouisme. Il fait actuellement l’objet de plusieurs poursuites judiciaires, notamment pour l’agression d’un journaliste couvrant les manifestations au Jammu-et-Cachemire, plus tôt cette année.

Ivan Albert Pereira, évêque catholique du diocèse de Jammu-Srinagar, a salué le soutien apporté par la cheffe de la police. “De tels incidents ne se sont jamais produits au Jammu-et-Cachemire, et l’action de Mme Sharma servira d’avertissement aux responsables comme aux auteurs de violences communautaires à l’avenir”, a-t-il déclaré à Crux.

Après leur libération, les agresseurs ont porté plainte contre le groupe missionnaire et les familles qui les avaient accueillis, les accusant d’inciter les habitants à se convertir au christianisme en leur offrant de la nourriture et de l’argent. Le missionnaire interrogé par Christianity Today a déclaré que la police avait interpellé trois familles et les avait placées en garde à vue pendant une journée, mais que le juge avait conclu à l’absence de preuves de conversion et les avait acquittées dès le lendemain.

Ce missionnaire travaille au Jammu-et-Cachemire depuis dix ans. Lui et d’autres missionnaires de courte durée se sont rendus à Palal à l’invitation d’une famille du village pour un temps de prière et un déjeuner. Il visite ce village presque tous les mois depuis cinq ans, toujours à l’invitation des deux familles chrétiennes qui y vivent. Mais contrairement aux accusations portées contre lui, il affirme n’avoir jamais prêché l’Évangile dans ce village.

En plus de rencontrer ces familles isolées, le missionnaire est également pasteur d’une petite église d’une quarantaine de fidèles située à environ 80 kilomètres de Palal. Après avoir terminé sa formation théologique au Tamil Nadu, il s’est senti appelé à s’engager dans une mission locale pour diffuser l’Évangile dans le nord de l’Inde.

Les chrétiens ne représentent que 0,28 % de la population du Jammu-et-Cachemire, tandis que les musulmans en constituent 68 % et les hindous 28 %, selon le dernier recensement de 2011. La persécution des chrétiens s’est intensifiée ces dernières années.

En septembre, un groupe de nationalistes hindous a manifesté contre un culte dans le district de Samba, accusant les chrétiens d’instrumentaliser l’événement pour convertir des hindous. En 2018, une foule de 1 000 extrémistes hindous a incendié une église, tenant ses membres pour responsables de la mort d’un fidèle qu’ils pensaient converti de force au christianisme.

L’évangélisation est devenue plus difficile dans l’État, surtout depuis que le gouvernement central dirigé par le BJP a renforcé son contrôle sur le Jammu-et-Cachemire en 2019, a constaté le missionnaire. “Les chefs de village de la région sont devenus très hostiles”, a-t-il déclaré, soulignant la montée du nationalisme hindou.

“Ils menacent d’interdire l’accès aux familles locales qui pratiquent des activités chrétiennes.”

Mehbooba Mufti, ancienne ministre en chef du Jammu-et-Cachemire, a rencontré une délégation de la communauté chrétienne le 1er novembre et a condamné l’attaque. “J’exhorte les autorités, et en particulier la police du Jammu-et-Cachemire, à agir immédiatement à l’approche de Noël, avant que la peur ne devienne la norme”, a-t-elle déclaré sur X.

L’attaque n’a pas dissuadé le missionnaire, qui estime que la persécution est inévitable.

“Nous sommes ici parce que nous sommes venus pour Dieu. Nous croyons qu’il nous guide. La persécution est normale ; elle l’était aussi dans la Bible. Dieu nous a fortifiés et continue de le faire.”

Traduit par Mélanie Boukorras pour Infochrétienne

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